Hirson est une ville qui, à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ, a occupé une place étonnamment importante dans le réseau ferroviaire français, en particulier parce qu’elle se situait au carrefour de plusieurs lignes ferroviaires majeures : nord-sud, est-ouest et vers la frontière belge.

La gare d’Hirson elle-même fut ouverte en 1869 par la Compagnie des chemins de fer du Nord et est toujours en activité aujourd’hui sous l’égide de la SNCF ; elle est desservie par des trains TER Hauts-de-France permettant des liaisons vers des villes comme Lille, Valenciennes ou encore Charleville-Mézières.

À l’époque de son essor, Hirson n’était pas une simple station : grâce à sa position à la jonction de plusieurs lignes, elle devint un nœud ferroviaire majeur, avec un important dépôt, des triages et des installations de services, ainsi que des activités économiques locales liées au rail (verrerie, aciérie, etc.).

Voici quelques uns des axes ferroviaires qui ont structuré ce rôle :

  • Ligne de Fives à Hirson : ce tronçon reliait Hirson à Lille via Valenciennes et Aulnoye, une grande liaison nord-sud ouverte progressivement entre 1869 et 1872. 

  • Ligne de La Plaine à Hirson et Anor : ouverte en 1869, elle reliait Hirson vers la frontière et fait toujours partie aujourd’hui de liaisons desservies par les TER.

  • Ligne de Charleville-Mézières à Hirson (par Auvillers) : inaugurée aussi en 1869, elle fut exploitée jusqu’à ce que certaines de ses sections ferment progressivement, notamment pour le trafic voyageurs au milieu du XXᵉ siècle.

  • Chemin de fer de Guise à Hirson : une petite ligne secondaire ouverte en 1910, détruite pendant la Première Guerre mondiale puis reconstruite jusqu’à sa fermeture en 1978

  • Ligne Busigny – Hirson : ouverte en 1885, elle reliait Hirson à Busigny dans l’Aisne, mais est désormais entièrement désaffectée.

Dans le passé, au moment de son apogée (années 1920-30), le trafic ferroviaire à Hirson était si dense qu’on y manœuvrait des milliers de wagons et employait des centaines de cheminots, au point que certains chroniqueurs évoquent la gare d’Hirson comme l’une des plus importantes au nord de Paris en termes d’activité de triage.

Aujourd’hui, l’héritage ferroviaire reste visible dans le tissu urbain : la gare, quelques anciens bâtiments comme la Tour Florentine (poste d’aiguillage classé monument historique), et les grandes emprises laissées par les lignes anciennes témoignent de ce rôle structurant pour la ville et toute la Thiérache.

La cité des cheminots de Buire, c’est un morceau de paysage social et ferroviaire posé à quelques pas d’Hirson, comme une annexe humaine de la grande machine du rail. On ne la comprend vraiment qu’en la reliant à l’essor spectaculaire du chemin de fer hirsonnais à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle.

Une cité née du rail

Buire se trouve juste à côté de la gare et des vastes installations ferroviaires d’Hirson : dépôts de locomotives, triages, ateliers, postes d’aiguillage. Pour loger rapidement une main-d’œuvre nombreuse et indispensable, les compagnies de chemin de fer – d’abord la Compagnie du Nord, puis la SNCF – font bâtir une cité ouvrière spécifiquement destinée aux cheminots.

Ces logements sont pensés pour être fonctionnels, solides et proches du travail : maisons alignées, souvent jumelées, avec jardin à l’arrière, dépendances, parfois un potager. Rien de décoratif au sens aristocratique ; ici, l’esthétique est celle de l’utilité… mais une utilité durable.

Une organisation quasi villageoise

La cité n’est pas seulement un ensemble de maisons : c’est un micro-monde social. On y vit entre collègues, souvent entre familles de cheminots sur plusieurs générations. Les horaires décalés, les astreintes de nuit, les départs en urgence créent une solidarité très forte.

Le rail structure tout :

  • le rythme des journées,

  • les discussions au pas de porte,

  • l’identité même des habitants.

Être “de la cité”, c’est appartenir à une communauté professionnelle autant qu’à un quartier.

Une mémoire toujours visible

Avec la réduction progressive des activités ferroviaires à Hirson après la Seconde Guerre mondiale, la cité a perdu sa fonction initiale, mais elle n’a pas disparu. Les maisons sont encore là, habitées, parfois rénovées, parfois restées étonnamment fidèles à leur aspect d’origine.

Même sans trains à vapeur ni sifflets matinaux, le lieu conserve une mémoire silencieuse : celle des allers-retours vers la gare, des bleus de travail accrochés aux portes, des jardins cultivés après la prise de service.

Buire, l’ombre habitée d’Hirson

La cité des cheminots de Buire rappelle une vérité simple et souvent oubliée : le chemin de fer n’a pas seulement bâti des lignes et des gares, il a fabriqué des villes, des quartiers et des destins. Buire en est l’un des témoins les plus parlants en Thiérache : discret, modeste, mais profondément ancré dans l’histoire sociale du territoire.

Un endroit où l’on comprend que le rail, avant d’être une infrastructure, fut d’abord une affaire d’hommes, de familles… et de maisons alignées face au travail.

 

La gare à Hirson
La gare à Hirson colorisée
Train à vapeur entrant en gare
Les quais de la gare
Locomotive à vapeur à l'arrêt sur les voies
Locomotive à vapeur entourée de mécaniciens
Locomotive à vapeur de la Compagnie du Nord
Locomotive à vapeur décorée avec des drapeaux français
Locomotives à vapeur dans la rotonde
Ouvriers travaillant à la réfection des voies
Les aiguilleurs dans la cabine d'aiguillage
Château d'eau et bâtiments techniques
Ancienne rotonde ferroviaire de Buire à Hirson
La Tour Florentine
L'Hôtel des Mécaniciens à Buire
Cité des Cheminots à Buire

2 Commentaires Actuellement

  1. Merci pour cette page intéressante sur les années glorieuses des chemins de fer à Hirson. Mon père était cheminot. J’ai habité aux « Champs Elysées » durant mon enfance.
    Cdt

    1. Bonjour Sonia,
      Je connais bien cette cité de cheminots située dans le haut d’Hirson derrière la gare. Un de mes oncles était cheminot et habitait là-bas.
      Merci pour votre visite du site et à bientôt.
      Pascal

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