Les Pigeonniers de Thiérache et du Pays de la Serre

Un patrimoine rural original à redécouvrir

Discrets, parfois dissimulés au cœur d’une ferme ou intégrés à un ancien domaine, les pigeonniers constituent l’un des éléments les plus singuliers du patrimoine rural de l’Aisne.

Dans son ouvrage Les Pigeonniers de Thiérache et du Pays de la Serre, Naty Béjin-Garcia nous invite à découvrir ces constructions qui témoignent à la fois de l’histoire agricole, de l’organisation sociale et de l’évolution architecturale de notre territoire.

Publié dans la collection Monographies illustrées, dirigée par M.-G. Micberth, ce livre propose un précieux recensement des pigeonniers encore visibles en Thiérache et dans le Pays de la Serre.

Des constructions aux usages multiples

À l’origine étroitement liés à la culture céréalière, les pigeonniers, autrefois appelés colombiers, ne servaient pas uniquement à l’élevage des pigeons.

Leur rez-de-chaussée pouvait remplir différentes fonctions. À Bohéries, par exemple, il était utilisé comme poulailler, tandis qu’à Soize il abritait un four à pain. Certains de ces édifices auraient également servi de refuge à des prêtres réfractaires pendant la Révolution française, notamment à Dagny-Lambercy ou à Éparcy.

Ces constructions présentent une grande diversité architecturale :

  • pigeonniers sur pied ;
  • pigeonniers-porches ;
  • pigeonniers installés sur un toit ;
  • pigeonniers à fuie ;
  • édifices circulaires, polygonaux ou quadrangulaires ;
  • constructions formées de plusieurs parties superposées.

Cette variété de formes, de matériaux et d’usages fait de chaque pigeonnier un bâtiment presque unique.

Du symbole de prestige au bâtiment agricole

L’histoire des pigeonniers traverse les siècles.

Dans l’Antiquité, le pigeon était considéré comme un symbole de paix. Les Romains développèrent également une véritable passion pour son élevage. Au temps des croisades, il fut utilisé comme messager, notamment par les chevaliers présents aux portes de Jérusalem.

Au Moyen Âge, de nombreux châteaux et abbayes possédaient leur propre colombier. Détenir un tel édifice constituait alors un signe de puissance, de richesse et de prestige.

Au milieu du XVIIIe siècle, la France comptait environ 42 000 pigeonniers. Leur construction était vivement encouragée, notamment par le naturaliste Buffon.

Le droit de colombier fut cependant aboli le 4 août 1789. Dans les années qui suivirent, beaucoup de ces bâtiments furent détruits, en même temps que disparaissaient certains châteaux et certaines abbayes vendus comme biens nationaux.

Le retour des pigeonniers dans les exploitations agricoles

À la fin du XIXe siècle, les pigeonniers à fuie connurent un nouvel essor, y compris dans les exploitations agricoles les plus modestes.

Les pigeons fournissaient notamment la colombine, un engrais naturel autrefois particulièrement recherché pour fertiliser les terres. Les bâtiments pouvaient également servir de porches d’entrée, de poulaillers, de fours à pain ou de lieux de stockage.

Pendant la Première Guerre mondiale, le pigeon joua encore un rôle essentiel. En France, près de 13 000 pigeons voyageurs auraient été employés comme messagers entre 1914 et 1918.

Un patrimoine fragilisé par la modernisation agricole

Au début du XXe siècle, les pigeonniers demeuraient encore utiles. Leur fonction déclina toutefois rapidement avec la modernisation et l’intensification de l’agriculture.

Les engrais chimiques remplacèrent progressivement la colombine. Les pigeons furent alors parfois considérés comme nuisibles pour les semis, tandis que l’arrivée de machines agricoles plus imposantes rendit certains pigeonniers-porches difficiles à utiliser.

Abandonnés, mal entretenus ou devenus gênants pour le fonctionnement des exploitations, beaucoup de ces édifices furent détruits. D’autres se dégradèrent lentement avant de disparaître du paysage.

Un livre au service de la mémoire locale

À travers ses recherches et ses illustrations, Naty Béjin-Garcia attire notre attention sur un patrimoine que l’on remarque parfois à peine lorsque l’on parcourt les routes et les chemins de Thiérache.

Son ouvrage permet de mieux comprendre l’origine des pigeonniers, leurs fonctions successives et la diversité de leurs architectures. Il constitue également un témoignage précieux, car un certain nombre des édifices recensés ont pu être transformés ou disparaître depuis la parution du livre.

Les efforts de restauration engagés par certains propriétaires et passionnés permettent néanmoins d’espérer la sauvegarde de ces témoins du passé. Restaurer un pigeonnier, c’est préserver bien davantage qu’un simple bâtiment : c’est conserver une partie de l’histoire agricole, économique et humaine de notre territoire.

Ce livre s’adresse ainsi aux passionnés de patrimoine rural, aux amateurs d’histoire locale, aux propriétaires de bâtiments anciens et à tous les promeneurs curieux de mieux connaître la Thiérache et le Pays de la Serre.

Informations sur l’ouvrage

Titre : Les Pigeonniers de Thiérache et du Pays de la Serre
Autrice : Naty Béjin-Garcia
Collection : Monographies illustrées
Direction de la collection : M.-G. Micberth
Éditeur : Le Livre d’histoire
ISBN : 2-84435-159-X
Tirage : limité et numéroté
Prix de l’ouvrage : 23,33 €
Photographie de couverture : pigeonnier de la ferme de Saint-Antoine à Saint-Pierremont, photographie de l’autrice

Pour acheter ce livre : https://www.histoire-locale.fr/livre/AISNE-MI008.html


Couverture du livre Les Pigeonniers de Thiérache et du Pays de la Serre de Naty Béjin-Garcia, illustrée par le pigeonnier-porche de la ferme Saint-Antoine à Saint-Pierremont.
© Couverture du livre
Quatrième de couverture du livre Les Pigeonniers de Thiérache et du Pays de la Serre, présentant l’histoire, les usages et la diversité architecturale des pigeonniers de l’Aisne.
© Quatrième de couverture

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