Les Fonderies de Sougland : cinq siècles de feu et de métal en Thiérache
A proximité de la rivière Le Gland, à Saint-Michel en Thiérache, les Fonderies de Sougland constituent l’un des plus anciens sites métallurgiques encore en activité en France. Leur histoire remonte au XVIᵉ siècle, lorsque les premières forges s’installent dans ce paysage de bocage et de forêts. Depuis lors, le site n’a cessé d’évoluer, accompagnant les grandes transformations de l’industrie du fer et de la fonte.
Ce lieu industriel s’est développé grâce à trois ressources naturelles essentielles. L’eau du Gland, qui fournissait la force motrice des roues hydrauliques, permettait d’actionner les mécanismes des forges. Les forêts abondantes de Thiérache offraient le bois nécessaire à la fabrication du charbon de bois utilisé dans les foyers. Enfin, la région possédait des gisements de minerai de fer, exploités localement ou dans les territoires voisins.
Ainsi naquit un véritable centre métallurgique au milieu d’un territoire rural.
La forge primitive et les martinets hydrauliques
Aux origines de Sougland, il ne s’agissait pas encore d’une fonderie telle qu’on la connaît aujourd’hui, mais d’une forge hydraulique. L’eau de la rivière faisait tourner une roue, laquelle actionnait un mécanisme de cames soulevant et relâchant d’énormes marteaux appelés martinets.
Ces marteaux frappaient le métal chauffé dans le foyer pour le forger, l’étirer ou lui donner sa forme. Le travail se faisait dans un environnement spectaculaire : braises incandescentes, chocs métalliques puissants, jets d’étincelles et vapeur d’eau.
La forge transformait alors le minerai réduit en barres de fer forgé, destinées aux outils agricoles, aux pièces de construction ou aux objets du quotidien.
De la forge médiévale à la fonderie industrielle
Au fil des siècles, l’activité évolue avec les progrès techniques. Les anciennes forges se modernisent progressivement et la production se spécialise dans la fonderie de fonte, c’est-à-dire la fabrication de pièces obtenues en versant du métal liquide dans des moules.
Au XIXᵉ siècle, avec l’essor de l’industrialisation, Sougland adopte de nouveaux procédés et se transforme en site industriel moderne, tout en conservant son implantation historique.
Aujourd’hui, l’entreprise produit notamment des pièces destinées à différents secteurs industriels :
machines agricoles,
équipements ferroviaires,
matériel de travaux publics,
pièces mécaniques pour l’industrie.
La fonderie travaille principalement la fonte à graphite sphéroïdal, un matériau robuste et résistant, très apprécié pour les pièces mécaniques.
Les métiers de la fonderie
La fabrication d’une pièce de fonte mobilise plusieurs savoir-faire spécialisés. Dans une fonderie comme Sougland, différents métiers interviennent successivement.
Le modeleur réalise les modèles qui serviront à former l’empreinte de la pièce dans le sable de moulage.
Le mouleur prépare les moules en sable, qui recevront le métal liquide.
Le noyauteur fabrique les noyaux permettant de créer des cavités ou des formes internes dans la pièce.
Vient ensuite le travail du fondeur, qui supervise la fusion du métal dans le four et la coulée, moment où la fonte en fusion est versée dans les moules.
Après refroidissement intervient la phase de décochage. Cette étape consiste à casser le moule de sable afin de libérer la pièce solidifiée. La pièce est ensuite nettoyée, ébarbée et contrôlée avant de rejoindre les étapes de finition ou d’usinage.
Une industrie enracinée dans le territoire
L’histoire des Fonderies de Sougland illustre la rencontre entre ressources naturelles, savoir-faire humain et innovation technique. Depuis des siècles, ce site industriel accompagne la vie économique de Saint-Michel en Thiérache et a fait travailler de nombreuses générations d’ouvriers et d’artisans.
Dans une région souvent connue pour ses églises fortifiées, ses prairies et ses forêts, Sougland rappelle que la Thiérache possède aussi une tradition industrielle ancienne et durable.
Entre mémoire des forges médiévales et industrie contemporaine, les Fonderies de Sougland demeurent aujourd’hui un patrimoine vivant du pays thiérachien
Sougland…un nom indissociable de Saint-Michel !
Nous avons tous un membre de nos familles qui a bossé dans cette fonderie.
Merci pour votre reportage, votre partage.
Louis
Bonjour Louis,
A Saint-Michel, le nom de Sougland résonne comme une évidence. Depuis des siècles, ce nom est lié à l’histoire du village.
A tel point que l’on appelait notre commune Saint-Michel Sougland. Des anciennes cartes postales portent ce nom.
Merci pour votre visite sur notre site.
Pascal
bonsoir,
intéressantes, ces images récentes des ateliers de Sougland ! rien à voir avec ce que j’ y ai vu … jeune ado stagiaire !
avez-vous déjà publié un historique photos de cet endroit… légendaire !?
les pages de votre site sont … et documentaires et esthétiques !
cordialement,
Giovanna
Bonjour Giovanna,
Merci pour votre commentaire et vos encouragements ! En effet, notre association Sous le ciel de Thiérache met en valeur le patrimoine de la Thiérache en publiant des photos et des informations.
Lors de la visite, quelques dizaines de photos ont été prises pour illustrer cette page mais aussi pour réaliser un reportage photo (une prochaine publication). L’association espère organiser une visite pour ses adhérents dans les semaines à venir mais pour l’instant le devenir des Fonderies de Sougland est encore incertain.
Mes amitiés.
Pascal